Il donne des dates, des fonctions, des compétences. Il découpe un parcours en rubriques.
Mais ce qui fait le lien entre deux métiers n’apparaît pas forcément dans leurs intitulés.
Entre mon métier de photographe et celui de biographe, je vois aujourd’hui une continuité : dans les deux cas, je me mets en position d’observatrice. Je prête attention. Je choisis un cadre, un angle, une manière de restituer ce que je perçois. Avec une image comme avec des mots, la réalité passe par mon regard. Je ne la reproduis pas à l’identique : je lui donne une forme.
En biographie, une exigence particulière s’ajoute : faire entendre la voix de la personne qui me confie son histoire. Apporter mon regard sans qu’il recouvre le sien.
Les outils changent. Quelque chose du geste demeure.
Cela me fait regarder autrement les parcours qui semblent décousus. Une succession de métiers peut masquer une même curiosité, une manière de prêter attention, une question que l’on poursuit sous plusieurs formes.
Il ne s’agit pas de prétendre que tout était prévu, ni de transformer chaque détour en nécessité.
Mais de chercher ce qui se prolonge, ce qui se transforme — et de laisser aussi une place aux véritables ruptures.
C’est une des choses qui m’attirent dans la biographie : découvrir, avec une personne, les liens que les rubriques de son CV ne montrent pas.
Et vous, voyez-vous un fil entre des étapes de votre parcours qui semblaient éloignées ?
